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Gabriel de Saint-Aubin, 1724-1780, au Louvre

 Gabriel de Saint-Aubin, 1724-1780, au Louvre

Gabriel de Saint-Aubin, né le 14 Avril 1724 à Paris, est décédé le 14 Février 1780. Une vie assez courte...

Fils d’un brodeur du Roi, il dessina d’abord chez Sarrasin puis a l’Academie Royale sous la direction de Jeaurat, Collin de Vermont et Boucher. En 1750, il obtint le deuxieme prix au concours de l’Academie.

En tout lieu et par tous les temps, son carnet de croquis à la main, il dessinait les scènes qu’il avait sous les yeux. Il dessinait et écrivait aussi en marge des catalogues ou des livres.

Un priapisme de dessin !

Greuze disait d’ailleurs de lui qu’il était atteint d’un véritable « priapisme de dessin » ! Mais il le trouvait aussi « malpropre » dans ses exécutions, retouchant de façon trop acharnée certains de ses tableaux..

Une note du livre des Saint-Aubin le décrit assez bien :

« Un vendredy saint, Gabriel de Saint-Aubin, peintre, s’étant placé dans la nef de Notre-Dame pour entendre un célèbre prédicateur, tira par habitude son livre et se mit à dessiner l’orateur. Les personnes placées près de lui le regardèrent faire ; celles de devant se retournoient, celles de derrière se haussoyent sur leurs chaises. Enfin il attira si fort l’attention des auditeurs que le prédicateur suspendant son discours dit : « Quand les yeux seront satisfaits, j’espère qu’on me prêtera l’oreille. » Il dessinoit en tout temps, en tout lieu, avec une passion qui n’a point d’exemple. »

Le Louvre nous habitue à de très belles et très didactiques expositions et ne déroge pas à la règle avec celle-ci.

Des témoignages sur l’époque, des reportages, des tranches de vie.

Beaucoup de ses dessins réalisés « sur le vif », sont de véritables petits reportages, des témoignages sur l’époque, tels ceux qui suivent :

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Deux enfants dont l’un tient un cerf-volant...
Deux enfants dont l’un tient un cerf-volant, un rémouleur, un violoneux... 5 avril 1758 Plume et encre noire sur traits à la pierre noire Musée du Louvre, département des Arts graphiques © RMN / Gérard Blot

Dans la partie inférieure du dessin,on remarque la longue inscription de la main de Charles-Germain, son frère :

L’un des cent mille Croquis de Gabriel Jaque de Saint Aubin, l’un des plus intrepides dessinateurs du Siecle. il Croquoit Sur la marge des Catalogues, les tableaux et desseins qu’on exposoit en vente, S’il aloit a la promenade, Son crayon metoit a contribution les passants. les Seances Academiques n’etoient pour lui qu’un tableau mouvant dont il faisoit une Esquisse. au sermon il dessinoit le predicateur. en un mot, il eut toutte Sa vie, un priapisme de dessein.[Charles-Germain s’approprie la remarque de Greuze] C’est dommage qu’il ait negligé l’ordre et la propreté dans Ses compositions. il est mort en fevrier 1780, âgé de 56 ans.

Ci-dessous, un remarquable dessin de l’incendie de l’Hôtel Dieu, réalisé avec une grande économie de moyens (Pierre noire, encre de Chine, aquarelle et gouache) :

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L’Incendie de l’Hôtel-Dieu 1772
Pierre noire, encre de Chine, aquarelle et gouache H. 18,1 cm ; L. 24 cm Paris, musée Carnavalet © Georges Poncet

Plus bas, une très belle eau-forte, à peine colorée, remarquable par la qualité du dessin, nous montrant le début du service de location de chaises aux Tuileries.

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Les Chaises, 1772
Eau-forte, plume et encre noire, aquarelle H. 10,3 cm ; L. 21,8 cm Paris, musée Carnavalet © Georges Poncet

Inscriptions : à la plume et à l’encre grise sous l’image au milieu : SPECTACLE DES TUILERIE / 1760 ; à gauche : le faste se repose en ces jardins charmants / les circles sont formés autour de chaque belle ; et à droite : nonchalamant assis, milles couples d’amants... / S’y jurent à leur aise une flame eternelle.

L’ancienne salle de l’Opéra représentée ci-dessous était fort petite, bien que pouvant contenir 1500 personnes. Cela permettait une promiscuité importante entre le public et les acteurs, mais il ne fallait pas être claustrophobe !

Ici, Saint-Aubin montre une représentation d’Armide, l’opéra de Quinault et Lully.

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Armide, opéra de Quinault et Lully dans l’ancienne salle de l’Opéra 1761
Plume, aquarelle et gouache sur mine de plomb sur papier H. 30,8 cm ; L. 50 cm Boston, Museum of Fine Arts © 2007, Museum of Fine Arts Le spectacle

Ci-dessous, un autre reportage, représentant Louis XVI posant la première pierre de l’amphithéâtre de l’école de chirurgie.

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Louis XVI posant (...) 1774
Pierre noire, aquarelle et gouache, H. 23, 1 cm ; L. 17,4 cm Inscriptions : vers le haut, à droite : M. le comte d’Angiviler présente le mortier au roi Louis... ; en bas à gauche : Gabriel de St Aubin fecit 1774. Paris, musée Carnavalet © Georges Poncet L’histoire contemporaine Catalogue

Où est la perspective ?

Ci-dessous, un étonnant dessin, réalisé deux ans avant sa mort.

Il est étonnant par les quelques erreurs de perspective. Sans doute Saint-Aubin était-il déjà atteint par la maladie ? Il semble d’autre part s’être servi d’une règle, ce qui est presque inconcevable pour un dessinateur de ce talent...

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La Porte Saint-Denis, côté sud vu du boulevard, 1778
Pierre noire, encre de Chine et lavis brun H. 20 cm ; L. 12,8 cm Paris, musée Carnavalet © Georges Poncet

Un des rares tableaux...

Un des rares tableaux présents à cette exposition (il faut dire qu’il en a fort peu réalisé), charmante scène parisienne d’avant la révolution, avec une foule de détails, dans une parfaite harmonie de couleurs (on remarquera la jeune femme avec une ombrelle rose au premier étage).

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La Parade du Boulevard, 1760
Huile sur toile H. 81 cm ; L. 63 cm Londres, The National Gallery © National Gallery

Une belle exposition à ne pas manquer. C’est au Louvre à Paris et jusqu’au 26 Mai 2008.

Gabriel de Saint-Aubin, 1724-1780, du 21-02-2008 au 26-05-2008, au Musée du Louvre à Paris

Le site du Musée du Louvre pour tous renseignements

le 13 mars 2008

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